Le Leadership perçu n’est pas toujours réel

journal-personality-and-social-psychologyCameron Anderson et Gavin Kilduff, deux chercheurs en psychologie sociale de la Haas Business School, Université de Berkeley en Californie, viennent de montrer dans un article publié dans le Journal of Personality and Social Psychology que la perception du Leadership ne reflète pas fidèlement la réalité.

 
Dans la première expérimentation, 68 étudiants étaient répartis en groupes de 4, entièrement masculins ou féminins. Chaque groupe devait organiser une ONG imaginaire. Le groupe le mieux organisé, selon l’avis des chercheurs, gagnait un prix de 400$. Une fois la mission accomplie, les membres de chaque groupe devaient évaluer leurs pairs sur des critères d’influence et de compétence. Les sessions étaient enregistrées et des observateurs extérieurs procédaient à la même évaluation.

 
Conclusion. Les personnes qui parlaient le plus étaient jugées les plus compétentes et les plus influentes, que l’évaluation émane des pairs, des chercheurs ou des observateurs extérieurs.

 

Nos deux chercheurs se sont alors interrogés sur la réalité de ces compétences et ont mené une deuxième étude permettant cette fois-ci d’évaluer de manière plus objective la réalité des compétences des participants.

Dans cette expérience, les étudiants devaient résoudre, toujours en équipes de 4, des tests de math du GMAT.

De la même manière, étaient perçus comme les plus compétents et leaders ceux qui parlaient le plus et le plus tôt.

L’analyse des résultats des contributions révéla cependant cette fois-ci des écarts importants entre la compétence réelle et la compétence perçue. Ceux qui étaient perçus comme leaders n’étaient pas ceux qui avaient apporté les meilleures réponses.

 

 

Ces études soulignent l’importance de l’assertivité dans la construction du leadership. Comment en effet entraîner les autres dans son sillage sans faire connaître ses positions.

Néanmoins, j’y vois une limite significative, la courte durée des expériences.

Dans la vraie vie, un leader apparent, qui ne brillerait que par son extraversion et non par sa compétence, ses valeurs ou son empathie ne réussirait pas longtemps à mobiliser son équipe.

Les plus grands leaders construisent leur crédibilité et leur compétence dans la durée.

 

Olivier Piazza

[Via Time, Mindhacks]

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1 commentaire

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Oui, ton commentaire, Olivier, amène l’expérience de l’observateur au long cours.

C’est dans la durée que les bons projets s’inscrivent.

Et les bons leaders, à l’évidence, sont aussi les bons mobilisateurs : ils écoutent autant (sinon plus) qu’ils ne parlent.

Au plaisir,

Lionel


Commenté par Lionel le 20 février 2009 16 h 15 min





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