La dynamique humaine de l’échange contextuel

L’autre jour, dans un cocktail, je me retrouve entre deux femmes, la cinquantaine. Je ne les connais pas, mais j’apprends rapidement qu’elles se sont déjà croisées une fois rapidement et qu’elles sont toutes les deux dans la communication. L’une dirige une agence de relations presse, l’autre anime un réseau d’entrepreneurs.

La discussion va bon train. Dès que l’une a fini de parler, l’autre enchaine. J’écoute et regarde alternativement chacune.

Soudain, je me rends compte d’un fait étrange : il n’y a pas à proprement parler de discussion. Chacune explique ce qu’elle fait, ce qui lui est arrivé dans telle ou telle circonstance. L’autre réagit de même, sans apparemment prendre en compte le moins de monde ce qu’a dit la première.

La dimension cachée

En réalité, ces deux femmes font exactement comme si elles ne s’écoutaient pas. Comme tant d’autres, elles semblent utiliser cette discussion pour soigner leur ego en le mettant en avant sous le meilleur angle possible.

Mais j’ai pourtant la sensation qu’il se passe autre chose. Un vrai courant passe entre elles. J’ai l’impression de deux fourmis se tâtant les antennes, s’attachant à la partie non factuelle du message. Comme on dit, le contexte, et non le texte.

Depuis Edward T. Hall et son livre La dimension cachée, on sait que, lors d’un échange entre personnes, le contexte compte pour plus de 80% du transfert d’information. Là, cas particulier : c’est presque 100%.

Ravies de leur “échange”, les deux femmes se séparent. Et je me demande un petit four à la main, si je n’ai pas vécu là une superbe démonstration d’intelligence émotionnelle.

Laurent Ryckelynck

Articles relatifs

0 commentaire

rssCommentaires en RSS   transmitTrackBack URI

Il n'y a pas encore de commentaires




addLaisser un commentaire