La croissance des qualités

Un élément clé de la dynamique humaine dans les sociétés modernes est certainement la croissance. Croissance individuelle, attendue par chacun pour soi-même et pour sa descendance ; croissance économique et sociale, sensée assurer la première.


Historiquement, les femmes et les hommes de ces sociétés ont surtout recherché une croissance quantitative. Plus de mètres carrés pour leur logement, de moyens et d’occasions de se déplacer, de calories dans leur assiette, d’années à vivre en bonne santé et même de connaissances dans leur cerveau … Consolidée, cette croissance aboutit à peu ou prou à plus de PIB.


Aujourd’hui, la croissance des quantités est remise en cause. Comme le rappelle l’excellent Alternatives Economiques (Hors-série L’économie durable) au-delà d’un certain seuil de revenus, estimé à 15-18.000 $ / an, les revenus marginaux n’entraînent de progrès ni dans l’espérance de vie, ni au niveau de la santé, ni dans la sensation d’être heureux. Sur le plan de la planète, les ressources nécessaires à la croissance des quantités dépassent dès maintenant celles disponibles en eau, air propre, terres cultivables et matières premières.


Un point clé (peut-être un point d’inflexion, celui de la rupture de paradigme) serait de passer à une croissance, non pas seulement plus durable (toujours plus, mais avec moins d’effets secondaires), mais à une croissance des qualités.

Poursuivre de nouveaux buts de vie

Que seraient ces qualités à développer ? Au plan personnel, il pourrait s’agir des dispositions et des comportements d’ouverture aux autres, de souplesse intellectuelle, de créativité, de profondeur dans les réflexions et de discernement dans les jugements, d’éthique, mais aussi de sérénité, et tout simplement de joie de vivre. Au plan collectif, on pourrait citer les capacités à collaborer, co-créer, aider et soutenir les autres, enseigner et transmettre, résoudre les conflits, etc. Enfin, au plan sociétal, on retrouverait certaines « valeurs » comme : liberté, égalité, fraternité, solidarité, justice, etc.


Engager la croissance des qualités pourrait permettre aux habitants des pays riches de poursuivre de nouveaux buts de vie, tandis que leur empreinte écologique se stabilisant puis diminuant permettrait aux pauvres d’accéder enfin au seuil du bonheur (quantitatif) sans mettre la planète à genoux.


Travailler à la croissance des qualités, c’est s’engager dans des recherches et des fécondations théoriques embarquant (liste non limitative) psychologie, sociologie, pédagogie, neurosciences, etc. Mais c’est aussi se mettre sur le chemin de l’expérience. D’une part, celle des autres : individus et collectifs précurseurs, pour évaluer leurs méthodes et leurs résultats. D’autre part les expériences que chacun peut faire et dont il peut rendre compte, pour sa propre croissance et pour celle des autres.

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