
Un projet d’équipe démarre toujours par une première rencontre entre les participants. Trop souvent, les responsables du projet vont droit au but : situation, objectifs, organisation et répartition des tâches, moyens disponibles. Ils pensent ainsi montrer leur détermination et gagner du temps.
Hier, j’étais à la Comédie Française, voir la très agréable pièce La Grande Magie, d’Eduardo de Fillipo, mise en scène par Dan Jemmett. Celui-ci explique comment procède avec ses acteurs.
La diversité est un sujet d’actualité. Alors, allons vers l’autre. On aborde généralement l’autre par ses différences. Au premier rang, car les plus visibles, il y des différences physiques (couleur de la peau, handicap …) et des signes : tenue vestimentaire, alimentation, signes religieux, etc.
Les mécanismes de la réaction à la différence visible sont maintenant mieux connus, grâce aux neurosciences. A. Damasio a montré qu’elle commence par l’émergence d’une ou de plusieurs émotions, avant même qu’apparaissent les sentiments, amorce de pensée structurée.
Le handicap est un exemple de différence. Nous avons mené en mai 2008 une enquête nationale sur la réaction au handicap. Lorsqu’on demande aux participants d’étalonner les émotions qu’ils ont ressenties au contact d’une personne handicapée, ils évaluent leur gêne à 3,9 sur une échelle de 10, leur sympathie à 7,6.
Prenons un autre cas de différence. Cette fois avec un signe dont on parle régulièrement dans la presse, la burka. Nous avons mené récemment une enquête flash, sans prétendre à l’exactitude statistique, mais pour nous faire une idée du phénomène. Résultat : face à une femme portant ce vêtement, on observe que les émotions de retrait sont du même ordre que pour le handicap (gêne 4,5), tandis que les émotions d’attirance sont très faibles (sympathie 2,7).
Emmanuel Perret, est partenaire expert chez Togeth’art pour les programmes Interculturalité et Diversité.
Ethnologue de formation, Emmanuel a débuté son apprentissage de l’altérité par des recherches scientifiques sur le terrain. Il a prolongé ce travail sur la diversité pour les institutions publiques. Il était responsable, au Conseil supérieur de l’audiovisuel, des médias de la diversité culturelle. [...]
Les attitudes face à la diversité, dont la discrimination des “autres”, reposent sur l’idée qu’”ils” sont différents de “nous”. De nombreuses études ont montré que la fréquentation de ces “autres”, en tant que voisin, collègue, ami, pouvait dissoudre cette animosité.
Dans une nouvelle étude, deux chercheurs en psychologie sociale, Rhiannon Turner et Richard Crisp, ont montré que le simple fait d’imaginer des relations positives avec des personnes différentes déclenchait un changement de comportement. Dans leur première expérience, des participants jeunes imaginaient une relation avec une personne âgée. Dans la deuxième, même protocole pour des participants non-musulmans qui imaginaient une relation avec un musulman.
Dans les deux cas, ces participants montraient une attitude plus positive envers ces personnes “autres”, que dans le groupe contrôle.
Attention, ce n’est pas de penser à ces groupes de personnes différentes qui génère un changement mais le fait d’imaginer une relation positive avec une personne de ces groupes.
En conclusion : Imaginer des contacts avec des personnes diverses est une alternative intéressante à la rencontre directe, qui n’est pas toujours facile à mettre en oeuvre.
Sensible à l’influence des émotions, je ne pouvais manquer la lecture du “premier livre à explorer la dimension émotionnelle de la mondialisation”, autrement dit La géopolitique de l’émotion, de Dominique Moïsi.
Pour l’auteur, soient trois émotions : l’espoir, l’humiliation et la peur, qui se partagent le monde. L’espoir est un fruit d’Asie, l’humiliation vient du monde arabe et la peur germe en Europe et aux Etats-Unis. De ces émotions découleraient de nombreux comportements que l’auteur observe avec perspicacité.
Voici un livre intéressant, qui nécessitera des études plus poussées pour valider les intuitions de son auteur.
Mais, page 150, je trouve ce qui me semble être la clef de voûte de toutes les émotions collectives dont il parle : la fierté.

Contexte
Plusieurs fois par an, à l’occasion de ses Journées d’Intégration, un grand groupe réunit des managers de toute nationalité sur son Campus pour leur présenter les activités du groupe et provoquer de fructueux échanges entres managers de métiers différents.Mais les différences interculturelles entraînent une importante perte de charge : des groupes homogènes se constituent et [...]