J’écoutais récemment Anne Marion-Bouchacourt, DRH de Société Générale, décrire l’évolution des conditions d’évaluation des collaborateurs et d’accession aux plus hauts postes de son entreprise. Le résultat seul ne suffit plus, la manière de l’atteindre compte tout autant. Il était temps me direz vous… :
“Nous nous sommes rendu compte que magnifier, avant tout, la performance et l’excellence ne protégeait pas l’entreprise. À l’évidence, cette logique n’était pas exempte de perversité. Elle n’était pas sans risque. Aujourd’hui, la Société Générale s’intéresse non seulement aux résultats, mais à la manière dont ceux-ci sont générés.
L’évaluation des collaborateurs met donc en regard la performance individuelle et le comportement. Sans doute nous sommes-nous inspirés de la culture d’AXA .
On pourrait caractériser cette dernière par l’équation suivante : « la performance de demain, c’est la performance d’aujourd’hui fois les comportements ».
Sensible à l’influence des émotions, je ne pouvais manquer la lecture du “premier livre à explorer la dimension émotionnelle de la mondialisation”, autrement dit La géopolitique de l’émotion, de Dominique Moïsi.
Pour l’auteur, soient trois émotions : l’espoir, l’humiliation et la peur, qui se partagent le monde. L’espoir est un fruit d’Asie, l’humiliation vient du monde arabe et la peur germe en Europe et aux Etats-Unis. De ces émotions découleraient de nombreux comportements que l’auteur observe avec perspicacité.
Voici un livre intéressant, qui nécessitera des études plus poussées pour valider les intuitions de son auteur.
Mais, page 150, je trouve ce qui me semble être la clef de voûte de toutes les émotions collectives dont il parle : la fierté.
Le management des projets oscille depuis longtemps entre deux paradigmes. Pour certains -et dans certains domaines, comme l’organisation- c’est une science. Celle-ci dispose d’outils auxquels il faut entraîner le manager de projet. Pour d’autres -et dans d’autres domaines, comme la gestion des hommes-, c’est un art. Le manager de projet mature longuement la maîtrise de son art, et à force d’expérience, trouve son expression personnelle.
Mais il peut y avoir réconciliation. J’étais vendredi dernier à l’inauguration de l’Institut du Management de Projet de Société Générale. J’y étais invité par Alain Lumbroso, la cheville ouvrière de cette création, à qui il faut rendre hommage car la qualité de l’instrument n’égale que la rapidité avec laquelle Alain l’a mis sur pied.
Dans l’Institut du Management de Projet de Société Générale, les compétences techniques et comportementales des managers de projet sont développées en parallèle. Et leurs progrès seront valorisés sous la forme de certifications (PMI ou IPMA : un non-choix qui traduit l’ouverture de la démarche).
Apporter une telle plus-value aux managers de projets ne fait-il pas courir le risque de les voir partir avec leur butin de savoirs. “On prend ce risque répond Séverin Cabannes, DG délégué se Société Générale, car nous créerons un pool de talent et nous disposerons de très grands chefs de projet pour les projets lourds.”

Voici un livre à mettre entre toutes les mains des amis de l’expérientiel : Culture Codes, de Clotaire Rapaille.
L’auteur, un français émigré aux USA, dévoile le code culturel des produits, des marques, des pays. Sa pratique consiste à interroger des gens sur leurs expériences relatives à une problématique.