La croissance des qualités

Un élément clé de la dynamique humaine dans les sociétés modernes est certainement la croissance. Croissance individuelle, attendue par chacun pour soi-même et pour sa descendance ; croissance économique et sociale, sensée assurer la première.


Historiquement, les femmes et les hommes de ces sociétés ont surtout recherché une croissance quantitative. Plus de mètres carrés pour leur logement, de moyens et d’occasions de se déplacer, de calories dans leur assiette, d’années à vivre en bonne santé et même de connaissances dans leur cerveau … Consolidée, cette croissance aboutit à peu ou prou à plus de PIB.


Aujourd’hui, la croissance des quantités est remise en cause. Comme le rappelle l’excellent Alternatives Economiques (Hors-série L’économie durable) au-delà d’un certain seuil de revenus, estimé à 15-18.000 $ / an, les revenus marginaux n’entraînent de progrès ni dans l’espérance de vie, ni au niveau de la santé, ni dans la sensation d’être heureux. Sur le plan de la planète, les ressources nécessaires à la croissance des quantités dépassent dès maintenant celles disponibles en eau, air propre, terres cultivables et matières premières.


Un point clé (peut-être un point d’inflexion, celui de la rupture de paradigme) serait de passer à une croissance, non pas seulement plus durable (toujours plus, mais avec moins d’effets secondaires), mais à une croissance des qualités.

Changer les comportements grâce au paternalisme libertaire

Pour tous ceux qui s’intéressent aux changements de comportements, voici une nouvelle piste intéressante : le paternalisme libertaire. Un oxymore de plus ? Pas du tout, répondent Richard Thaler et Cass R. Sunstein, deux chercheurs américains, tendance behavioriste.


Je dois dire qu’ils ont un exemple choc. Suivez-les aux toilettes, et mettez-vous dans la peau de dame-pipi. Comment garder propres les urinoirs dont vous avez la charge ? Vous pourriez rédiger des écriteaux invitant à “laisser cet endroit … etc”. Ou menacer les contrevenants d’une amende. En désespoir de cause, vous pourriez faire payer l’usage de ce lieu à hauteur des coûts de nettoyage … Essayez plutôt de dessiner une mouche au fond des urinoirs. Et souvenez-vous : les hommes -anciens chasseurs- adorent viser, quelle que soit l’arme dont ils disposent. Essayée dans les toilettes de l’aéroport d’Amsterdam, la méthode aurait diminué les éclaboussures sur le sol de 80%.